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La Fulguration de Karim Kara Mosli raconte raconte les aventures époustouflantes de Beyrem, un employé jusque-là sans histoire ni ambition. Or ce personnage singulier, menant une vie marginale et insouciante, va connaître un sort rarissime : survivre à un coup de foudre, puis développer des pouvoirs surnaturels (un rien encombrants toutefois.) Cette Fulguration, au sens littéral du terme, va le propulser sous les feux de la rampe, devenant du jour au lendemain l’objet de convoitise de pas mal de personnes, mais aussi lui causer beaucoup d’ennuis.
 

 

 

 


222 pages - 14 × 21 cm - 289 g - mai 2013 - 17 € - ISBN : 978-2-919265-35-0


En France, La Fulguration de Karim Kara Mosli est disponible sur Rennes à la librairie L'Encre de Bretagne, 28 rue Saint-Melaine.

En Belgique, La Fulguration de Karim Kara Mosli est disponible à la librairie Tropismes , 11 Galeries des Princes, et à la librairie Passa Porta Bookshop, 46 rue A. Dansaert, et à la bibliothèque Riches-Claires, 24 rue des Riches-Claires, à Bruxelles ; ainsi qu'à la librairie Les Yeux Gourmands 64a avenue Jean Volders, à Saint-Gilles.

 

 

 

EXTRAITS - Page 9


(...) Qu’elle soit simple ampoule à incandescence, commutateur ou fil électrique torsadé ; qu’elle soit mouvement, décharge, énergie ou nervosité, l’électricité a toujours été la grande hantise de Beyrem. Magie et effroi. Dans quelques instants, quelque part, un machiniste invisible va actionner un gigantesque interrupteur et les deux rangées de réverbères de chaque côté du boulevard, traversé par des automobiles, des calèches, des tramways, ainsi que de nombreux passants, s’allumeront.
Du balcon où il se tenait, Beyrem observait deux femmes s’apprêtant à monter dans un autocar bondé. « Si elle le rate, j’avale une pièce de monnaie », se promit-il. (...)

 

Pages 82-83


(...) Depuis que la foudre avait ruiné, aux yeux du monde, son anonymat, depuis qu’on s’était mis en tête de lui prêter un destin d’exception, Beyrem, cet artisan du rien, ce poète de l’inconséquence, était à nouveau dans son élément. L’endroit lui était enfin rendu. Il savoura le moment, repensa avec plaisir au sourire timide de l’ouvreuse, tout en respirant l’odeur de la bonne vieille poussière tassée. Et de la suie. Un rectangle de lumière en provenance d’une petite ouverture se dessina sur un coin du mur ruisselant d’humidité.

Il s’approcha de la fosse d’orchestre et se planta devant l’estrade dont il caressa les planches abîmées par les talons d’un millier de comédiens qui s’étaient, au fil des années, produits ici et dont le bois avait soigneusement emmagasiné le poids. Tout baignait dans un silence solennel. Seul le bruit du vent à travers les fissures du plancher se faisait entendre, mêlé à l’énergie violemment éteinte des watts qui pulsaient encore dans l’air frisquet du théâtre.

Beyrem imagina l’immense lustre s’élever jusqu’à la rotonde du plafond, projetant une ronde de lumière au milieu de la salle où flottaient des particules de poussière, tandis qu’une musique discrète s’entendait derrière les rideaux épais qui s’ouvrirent lentement. Un ballet d’ombres surgit du magasin des accessoires et se lança follement sur la scène en exécutant une chorégraphie pastorale, entrecoupée de claquements de chaussures invisibles. Beyrem sentit, ému, le souffle des ombres sur son visage. Il ferma les yeux. Un instant, tout fut oublié : les humiliations au bureau, Mirza, le coup de foudre, le cadavre à l’hôpital, les hommes en noir, l’affrontement avec le régisseur… Et le temps s’arrêta.

C’était ici, à l’intérieur d’El Teatro, que Beyrem pouvait envisager un présent continuel, ce succédané d’éternité. Oui, la permanence — tel était son rêve ! C’était ici qu’il pouvait presque toucher le temps, son lent écoulement, sa douceur aux rebords légèrement crénelés, sa texture muette, ainsi que sa pérennité grisante. N’être que colonne d’air, nuage de fumée ou poignée de poussière ; n’aspirer qu’à des passions secrètes, vivre en marge de l’univers, dans son ombre, s’éloigner de toute veulerie, surtout la veulerie, et fausser compagnie aux fantômes, aux démons de la mécanique.

Beyrem se sentit heureux, emporté, les orteils en fête, malgré le froid. Son assurance s’affermit à nouveau, comme si tout aspect tragique avait été retiré des choses. Il quitta les coulisses et se promena entre les travées du théâtre en touchant le haut des sièges au tissu lustré avec délicatesse. L’endroit n’avait plus aucun secret pour lui, et pourtant la magie continuait d’opérer. De longs moments passèrent ainsi, capitonnés d’abandon splendide. (...)


 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière modification : 18/07/2014 09h52
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