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La passion du kyste de Damien Stein : un recueil de 4 nouvelles, sobrement illustré par le dessinateur meurthe-et-mosellan Gilduin Couronné.

Si la jeunesse est à n’en pas douter un émerveillement sans cesse renouvelé, ces nouvelles illustrées qui s’aventurent à l’orée du genre fantastique rappellent que la puberté et les débuts de la vie amoureuse sont peuplés de démons, de peurs inédites, de transformations improbables et de fantasmes fabuleux.

La presse en ligne, affûtée, en parle déjà : ici.



162 pages, 10,5 × 17 cm
ISBN : 978-2-919265-58-9
14 euros TTC


EXTRAIT

La passion du kyste


Les matins me prennent toujours le plus de temps.

Je n’ai plus mes vertiges, j’entends tout, ressens tout, rapide de la connexion neuronale, je suis un homme recentré ayant grandi dans une politique de droite qui m’a beaucoup plu.

Les matins me prennent toujours le plus de temps car une scoliose me cloue à ma paillasse. Je marche mal et je crois bien avoir une jambe plus courte que l’autre.
J’ai des boules jaunes coincées dans la gorge, des glaires cachées, des caséums qui forcent leur chemin sur ma langue. J’aime assez l’idée que le caséum soit une sorte d’amoncellement d’aliments pourris, comme si le fond de ma bouche jouait le rôle d’un siphon bouché, une espèce d’occlusion intestinale.

J’aime ce qui vient de mon corps, ça me rassure de tout conserver, j’ai l’impression de me multiplier. Je crois qu’un humain sème tout au long de sa vie assez de peaux mortes et de cheveux et poils pour fabriquer 70 personnes entières, sauf les dents.
On dit aussi que 70 % de la poussière vient de nos peaux mortes, et cheveux, et poils. Ou alors peut-être que je mélange les données. Si quelqu’un a le temps de vérifier…

J’ai commencé à me mettre de côté il y a quelques mois mais j’arrive difficilement à récolter tout ce qui tombe. On est très maladroits dans la manière dont on se répand. Alors je ne conserve pas les fluides, pas tout de suite.

La nature me traite avec égards. Il n’a jamais plu ici, il fait toujours gris, mais pas de pluie. Jamais. Le vent est souple, les branches flottent et sifflent.

Mon cousin est asthmatique, mais il ne peut pas acheter de médicaments. Son visage est souple et fluide. Il développe ce qu’on appelle du muguet. Des petites taches blanches dans le fond de la gorge. Du muguet. Je trouve ça joli. Pour avoir une ordonnance il doit voir un médecin. Pour voir un médecin il doit dépenser 23 €. Parfois il est debout dans une pharmacie, et il menace des vieilles caissières de les violer. Je ne sais pas s’il irait jusqu’à les violer car elles sont néanmoins très moches. Les pharmaciennes sont aigries et moches. C’est un fait. Leur seul mérite est
d’avoir tenu bon durant leurs années d’études, au milieu d’aspirants pharmaciens misogynes les ayant forcées à pratiquer du sexe non protégé sans qu’elles ne se rendent compte qu’elles y étaient forcées. Les messieurs en question pratiquent cette pratique car pas assez doués ou consciencieux pour faire médecine et devenir, en tout état de cause, médecins. J’ai tendance à me laisser dire que les pharmaciens et les médecins, c’est un peu comme pour les médecins et les spécialistes, ou les agents immobiliers et les banquiers, les banquiers et les traders, les avocats et les politiciens, les politiciens et les chefs de grandes entreprises, qui eux-mêmes n’ont jamais trouvé l’amour.

(à suivre...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière modification : 19/01/2021 10h04
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